Le dopage dans l’ombre de l’esport

Depuis 2015 et les révélations de joueurs, l’esport professionnel a montré un nouveau visage, celui d’un dopage grandissant.

L’esport, même s’il n’est pas vu comme un sport par l’ensemble de la scène sportive internationale ne fait pas exception, notamment depuis qu’il s’est professionnalisé. Les cash prize étant de plus en plus important les joueurs tentent d’être les meilleurs par tous les moyens. Pour exemple, Activision-Blizzard lance une campagne de recrutement pour l’Overwatch league, les joueurs seront rémunérés à haute de 50.000 $ par an et le cash prize du gagnant s’élèvera à 1.000.000 $. Avec de telles sommes, la tricherie et surtout le dopage ont fait leur apparition même si le sujet reste tabou dans ce sport si jeune et si peu encadré.

Mais attardons-nous surtout sur le dopage qui peut être tant biologique que technologique.

Concernant le dopage biologique, on retrouve un psychostimulant très utilisé aux U.S.A. notamment par les étudiants et aujourd’hui par les esportifs appelé l’ « Aderall ». Ce médicament accroit les facultés d’attention du joueur permettant ainsi de rester concentrer durant des heures.  Son usage est connu depuis 2015, grâce à des joueurs qui ont osés briser l’omerta en avouant que leurs équipes avaient consommé cette substance durant des compétitions de Call of duty, World of Warcraft ou encore de Counter-Strike.

En France, l’Adderall est un produit illégal à la vente, malheureusement il est facile de s’en procurer légalement sur internet via les Etats-Unis et certains joueurs de la scène esport française ont récemment avoué implicitement s’être dopés lors de compétitions de Call of duty.

Est –il alors possible d’enrayer ce dopage ? Légalement ?

Le droit français ne considérant pas l’esport comme un sport, il n’existe aucune obligation de mettre en œuvre des dispositifs de dépistages. Néanmoins s’il n’existe aucune sanction prévue par un quelconque texte de loi concernant l’utilisation de produits lors de compétition esport. Le droit commun sanctionne pénalement d’un an de prison et de 3750 € d’amende l’usage de drogue hallucinogène et de psychostimulants tel que répertorié au sein de l’article L5132-7 du Code de la santé publique.

Il est intéressant de rappeler qu’un membre d’équipe, manager ou patron qui distribuerait ces produits serait considéré comme un détenteur de stupéfiant facilitant l’usage illicite de ces produits. La sanction est très dure pour ce genre de cas comme en dispose l’article 222-37 du Code pénal : « Le transport, la détention, l’offre, la cession, l’acquisition ou l’emploi illicites de stupéfiants sont punis de dix ans d’emprisonnement et de 7 500 000 euros d’amende. »

Malheureusement, sans dépistage préalable il est difficile lors des compétitions d’accuser un joueur ou une équipe de s’être dopé. Il revient donc à l’organisateur de la compétition (qui s’avère être parfois l’éditeurs de jeux lui-même) de mettre en place des moyens permettant la recherche de produits dopants. Aujourd’hui, seul l’Electronic Sport League (ESL), l’un des plus gros organisateurs de compétitions du monde sur le jeu Counter-Strike tente de lutter efficacement contre ce fléau notamment par la mise en place d’un règlement.

Ce règlement prévoit que :

  • Le refus d’être tester sera considéré comme du dopage ;
  • Une liste de produits et méthodes illicites émanant directement de l’Agence mondiale anti-dopage. L’alcool, même s’il ne fait pas partie des produits illicites est considéré comme un produit dopant ;
  • Les sanctions iront du simple avertissement à l’exclusion de l’équipe en passant par le ban du joueur ou des points de pénalités pour l’équipe. ;
  • Ces règles sont applicables aux compétitions physiques comme les compétitions en ligne.

Il existe une seconde sorte de dopage qui, cette fois-ci, est technologique et dont le règlement de l’ESL ne fait pas écho. En pratique, le joueur va installer des bots sur son ordinateur lui permettant de farmer plus vite et de cibler plus rapidement les joueurs adverses. Si ce dopage est facilement contré lors de compétition physique, il l’est plus difficilement lors de compétition en ligne durant lesquels les organisateurs ne peuvent avoir d’accès à l’ordinateur de chacun des participants.

On peut constater que le refus de considérer l’esport comme un sport à part entière et le vide juridique l’entourant permet des dérives qui ne peuvent être encadrées que par les organisateurs de compétitions esportives.

La justice publique doit alors être privée et se faire par des instances représentatives de la scène esport.

 

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