L’esport est-il un sport ?

Une question persiste, le sport électronique est-il un sport au même titre que le football ?

La réponse varie en fonction des individus. Pour reprendre la définition donnée par wikipédia, « Le sport est un terme définissant un grand nombre d’exercices, physiques voire intellectuels de loisir. Les sports s’exercent sous forme de jeux individuels ou collectifs pouvant donner lieu à des compétitions. »

En effet, contrairement à la croyance populaire, le sport ne nécessite pas forcément un exercice physique ! A ce titre, le jeu d’échecs est considéré comme un sport, alors pourquoi l’esport ne pourrait pas faire partie de cette grande famille ?

En dehors des Jeux olympiques d’été et d’hiver, les Jeux asiatiques sont l’un des plus grands événements olympiques du monde. Le Conseil Olympique d’Asie (COA) est l’une des cinq organisations reconnues par le Comité International Olympique (CIO), qui décide de tout en matière olympique. Le COA a finalement tranché, et a reconnu officiellement l’esport comme un sport à part entière. Pour le moment, l’e-sport n’est pas médaillable, il ne le sera que dans quatre ans, aux jeux de Hangzhou, en 2022. Le Conseil Olympique d’Asie et Alisports, filiale sportive du géant chinois Alibaba est déjà bien engagée dans la discipline, il a annoncé la création d’un partenariat pour amener l’e-sport aux prochains Jeux asiatiques.

Ce n’est pas la première fois que l’esport est associé à un programme de sport traditionnel mais il est encore rare qu’il soit considéré en tant que tel. En 2016, des «e-games» avaient été organisés à Rio en parallèle des Jeux Olympiques et Casey Wasserman, patron de la candidature de Los Angeles 2024, a lui aussi déjà évoqué la discipline. Mais cette fois-ci, son intégration à une compétition officielle comme les Jeux asiatiques, reconnue par le CIO, est un vrai grand pas en avant pour l’e-sport.

Néanmoins, le président du Comité International Olympique s’est exprimé à l’occasion d’une assemblée, qui a notamment porté sur l’intégration de l’esport. Alors qu’il s’apprête à devenir une discipline officielle, il rencontre encore des interrogations et réserves. Le président du CIO exprime d’ailleurs ses réserves sur la compatibilité de ce sport avec l’institution olympique : «A titre uniquement personnel je considère que certains de ces jeux sont contraires à toutes nos valeurs.»

 

D’un point de vue du droit français, le Conseil d’état par une décision du 3 mars 2008 a érigé un faisceau d’indices permettant de considérer une activité comme un sport :

  • Organisation régulière de compétitions (1), donc confrontation avec autrui.
  • Existence de règles bien définies (2) Les règles peuvent concerner l’activité en elle-même (surface du terrain, matériel utilisé, temps de jeu, décompte des points, etc.) ainsi que la sécurité des pratiquants ou l’éthique sportive.
  • Une activité physique (3), une recherche d’une performance physique. Mais le CE ne définit pas le nombre de calorie qui doit être dépensé. Les fédérations des échecs, de tir, de ball-trap, d’aéromodélisme, de billard et de pétanque qui encadrent des activités essentiellement statiques figurent parmi la liste des fédérations agréées au 23 mars 2007 selon le site du ministère des Sports.

A priori, le Conseil d’état, au vu des exemples cités ci-dessus, n’entends pas donner l’appellation de «sport», à la pratique de l’esport.

Outre l’absence d’identification juridique en tant que sport, l’esport français ne dispose pas de fédération d’esport, contrairement à de nombreux pays européens.

La problématique réside dans l’absence de conglomérat d’associations esportives.
En outre, pour disposer d’une fédération sportive, il est nécessaire de remplir les points suivants :

  • L’ exécution d’une mission de service public ;
  • Une conformité des statuts de chaque association. Ces statuts doivent comporter des dispositions obligatoires définies par décret ;
  • L’adoption d’un règlement disciplinaire type ;
  • L’adoption d’un règlement disciplinaire en matière de lutte contre le dopage conforme aux prescriptions législatives ;
  • La justification d’une existence d’au moins 3 ans ;
  • Justifier d’être en mesure d’offrir aux adhérents les structures administratives et l’encadrement que requiert la discipline.

 

Par suite, les associations sportives affiliées à une fédération sportive disposeront d’un agrément, et pourront ainsi bénéficier de :

  • L’aide de l’Etat (L. 121-4 du code du sport) ;
  • De l’ouverture exceptionnelle des buvettes dans les établissements d’activités physiques et sportives (article L. 3335-4 du code de la santé publique) ;
  • De règles spécifiques en matière de cotisations de sécurité sociale pour prendre en compte certaines spécificités du monde sportif, qui peuvent être consultées sur le site de l’Urssaf. (coach)

On observe aisément qu’aucun consensus n’est établie sur les associations esportives françaises, l’indépendance de chacun conduit à un manque d’unité qui ne permet pas à l’esport de s’élever.

 

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